Rouen, le 10 octobre 2010

L’UNEF appelle à une journée « fac morte » mardi 12

L’UNEF réaffirme son opposition à la réforme des retraites passée en force par le gouvernement. Cette réforme injuste fait reposer l’essentiel du financement à venir des régimes de retraites sur des mesures d’âge (report de l’âge légal de départ de 60 à 62 ans, report de l’âge de départ à taux plein de 65 à 67 ans) qui vont pénaliser durement les salariés. Pour les salariés les plus « chanceux » cette réforme aura pour conséquence de travailler plus longtemps, mais pour les autres, cette réforme se traduira par une baisse des pensions. L’objectif du gouvernement est donc clair : financer massivement sa réforme par la baisse du niveau des pensions. L’UNEF exige le retrait de ce texte et l’ouverture d’un débat sur les alternatives de financement à cette réforme, afin de garantir l’équilibre financier du système au-delà de 2018, sans pénaliser plus durement les salariés (taxations des stocks options, des revenus du capital…).

Cette réforme représente donc une véritable double-peine pour les jeunes : non seulement elle leur ferme un peu plus les portes de l'emploi en début de carrière, mais elle les contraint à travailler plus longtemps sans garantie de pouvoir toucher à leur tour une retraite à taux plein financée par la solidarité. Avec le report de l'âge légal de départ à 62 ans, c'est 1 million d'emplois qui ne sont pas libérés sur le marché du travail d'ici à 2016 ! Les jeunes refusent que le seul message qui leur soit envoyé par le gouvernement soit « travaillez plus longtemps, restez pauvres, et excusez-nous pour le chômage ! »

L'UNEF réaffirme que la retraite, c’est une affaire de jeunes ! Elle exige du gouvernement que toute évolution du système garantisse le droit futur à la retraite de jeunes générations en prenant en compte les années d'études dans le calcul des anuités, ainsi que les périodes d'inactivité forcée qui conduisent les jeunes à accumuler des droits à la retraite très incomplets. En s’engageant aujourd'hui dans le débat sur l'avenir des retraites, la jeunesse revendique non seulement son droit au bonheur après le travail, mais aussi son droit à la formation, son droit à une insertion professionnelle réussie, bref, son droit à un avenir meilleur.

L'expression du refus de cette réforme s'est amplifiée ces dernières semaines, malgré la volonté gouvernementale de passer en force au Parlement. Ce sont près de 3 millions de personnes qui sont descendus dans les rues pour exprimer leur opposition au projet. Aujourd’hui, 76% des 18-25 ans sont désormais opposés au recul de l’âge légal à 62 ans, et 80% soutiennent les manifestations Pourtant, le gouvernement s’enferme dans le déni de la mobilisation, et adresse un « non ferme et tranquille »  aux manifestants. Cette attitude de mépris résonne comme une insulte. Elle est de nature à renforcer la détermination des opposants à la réforme.

Après la rentrée universitaire et scolaire du mois de septembre, la jeunesse est entrée dans la bataille le 23 septembre et surtout le 2 octobre dernier, où plusieurs dizaines de milliers de jeunes sont descendus dans les rues, en famille, entre amis, entre étudiants. De premières Assemblées Générales ont depuis été organisées, et réunies plus d’une centaine d’étudiants à Rouen.

Face à l’autisme du gouvernement, il est donc désormais temps de franchir un cap dans la mobilisation. L’UNEF appelle les jeunes et les étudiants à inscrire leur mobilisation dans la durée aux côtés des salariés. L’unité entre les jeunes et les salariés est un élément déterminant pour la suite du mouvement. L’UNEF appelle les étudiants à continuer la mobilisation étudiante sur les campus en se réunissant en Assemblée Générale et en décidant d’actions sur les universités.

L’UNEF appelle à une journée « fac morte » à l’occasion de la journée de mobilisation interprofessionnelle du 12 octobre, afin de permettre aux étudiants de participer massivement aux manifestations. L’UNEF appelle les étudiants à cesser les cours, à se réunir en Assemblée Générale représentative pour y voter la grève, et à participer massivement aux manifestations. Dans cette perspective et afin d’informer l’ensemble des étudiants, l’UNEF organisera ce jour des barrages filtrants à l’entrée de l’université.