Communiqué de presse de l'UNEF

Nicolas Sarkozy renonce à la réforme des APL et

cède sur le « 10e mois de bourse » : victoires de l'UNEF et des étudiants !

 

Pour la 6ème année consécutive, l’UNEF publie son enquête sur l’évolution des dépenses du « panier de l’étudiant ». Cette enquête révèle que le coût de la vie étudiante augmente cette année de 4,3%, soit trois fois plus vite que l’inflation (1,7 % d’après l’INSEE).

Le coût de la vie étudiante est cette année tiré vers le haut par l’augmentation des dépenses liées au logement (premier poste de dépense, il représente plus de 50% du budget mensuel). Les étudiants sont frappés de plein fouet par l’explosion des loyers (+8,1% à Paris et +5,6% en province) et souffrent toujours de la pénurie de logements publics du CROUS (à peine 160 000 pour les 2,2 millions d’étudiants). Par exemple, à Rouen, la rénovation des cités U a conduit à une diminution du nombre de chambres d'étudiant (un tiers en moins à la cité U du Panorama), et ce alors que l’Etat s'était engagé (Plan Anciaux, 2004) à construire 8462 logements par an de 2010 à 2014. Alors que le logement était devenu un gouffre financier pour les étudiants, le gouvernement avait annoncé la suppression de la demi-part fiscale pour les parents si l'étudiant touchait les aides personnalisées au logement (APL). L'UNEF a immédiatement dénoncé cette mesure d'économie réalisée sur le dos de la jeunesse, travailleurs de demain et précaires d'aujourd'hui, ce qui a conduit au retrait de ce projet. Ce recul est une victoire pour les étudiants et pour l'UNEF.

 

Mais le logement n'est pas le seul domaine de dépense pour l'étudiant. Cette augmentation s’explique également par la hausse des frais d’inscription à l’Université décidée par le gouvernement (frais d'inscription: +2.4% en moyenne; cotisation à la sécurité sociale étudiante: +1% ; prix du ticket de restauration universitaire: +3,4%…). L’augmentation des droits d’inscription est cette année bien supérieure à l’inflation. Par ces hausses brutales décidées en plein mois de juillet, le gouvernement porte une importante responsabilité dans la dégradation des conditions de vie étudiante en cette rentrée. Cette dégradation se fait également sentir de manière moins mesurable au niveau des services offerts aux étudiants : à Rouen, le resto U du panorama conserve seulement la moitié de ses selfs ouverts et celui du madrillet n'a toujours pas été agrandi alors que l'INSA et l'université y cohabitent depuis un an.

 

Face à cette situation de précarité, récurrente d'années en années, l'UNEF menait campagne depuis 5 ans pour l'instauration d'un dixième mois de bourse. Alors que le président de la République s’était pourtant engagé en 2009 à verser un 10ème mois de bourse dès la rentrée 2010, les 160 millions nécessaires à son financement n'étaient toujours pas débloqués à quelques jours de la rentrée, la ministre Valérie Pécresse se défaussant de ses responsabilités en pointant du doigt les universités. Après cette annonce, l'UNEF a intensifié sa campagne et la ministre Valérie Pécresse a été contrainte d’annoncer jeudi 26 août le financement et le versement du 10ème mois de bourse, pour l’ensemble des boursiers. Ce versement s’effectuera finalement en deux temps : une demi-mensualité dès septembre 2010 et la seconde en septembre 2011. D’après la ministre, les premiers 80 millions seront dégagés dans le cadre du collectif budgétaire de fin d’année, la seconde partie du financement interviendra dans le cadre du budget 2012.

Dans un contexte difficile pour les étudiants, il s’agit d’une bonne nouvelle pour les 525 000 boursiers, dont la bourse est revalorisée dès cette rentrée de 6%. 500 000 étudiants toucheront entre 80 et 230 euros supplémentaires cette année. L’UNEF regrette qu’il ne s’agisse que d’une avancée partielle, car les étudiants ne toucheront en septembre 2010 que la moitié du 10ème mois. L’engagement de Nicolas Sarkozy de verser un 10ème mois de bourse n’est donc qu’à moitié respecté. L’UNEF et les étudiants restent donc vigilants et mobilisés pour que l’intégralité de cette mensualité supplémentaire soit versée en 2011. L’UNEF rappelle que 75% des étudiants reprennent les enseignements avant le 15 septembre, et tous les étudiants ont des obligations universitaires sur 10 mois. Les CROUS encaissent d’ailleurs les loyers en cité-universitaire sur 10 mois : rien ne justifie donc que les étudiants attendent plus longtemps ! L’UNEF regrette une demi-mesure et exige le versement sans condition de l’intégralité du 10ème mois pour tous les boursiers.

 

Les étudiants seront présents dans les rendez-vous de la rentrée sociale pour exprimer leurs revendications et pour obtenir des réponses notamment le 7 septembre aux côtés des salariés.