Il était une pratique, au sein du département LEA, particulièrement injuste…

Il était une pratique qui empêchait un étudiant ayant plus de quatorze de moyenne général de passer dans l’année supérieure alors même que la compensation inter-semestrielle est de droit…

Il était les notes éliminatoires…

Il était car il n’est plus…

 En effet, depuis la réforme Bayou, actualisée par la réforme LMD, toute note éliminatoire jusqu’à la maîtrise est illégale. Or, le département de LEA continuait à imposer à ses étudiants le système de la double moyenne, à savoir la nécessité d’obtenir au moins 10 de moyenne générale sur l’année, et au moins 8 dans les deux enseignements linguistiques choisis. Si l’une de ces deux conditions n’était pas remplie, l’étudiant redoublait son année, quelques soient ses autres notes.

Après en avoir été informé fin août, nous nous sommes aussitôt rendu au département concerné pour rappeler l’illégalité de la pratique, illégalité contestée par les professeurs. Devant le refus des enseignants, courrier fut adressé au SAJS (service juridique) faisant cas de la situation, SAJS qui dénonça également la pratique et rappela au département le bon droit. Mais tout cela était sans compter sur l’abnégations des professeurs de LEA qui sous couvert d’un ancien arrêté, censé légitimer leur système, refusèrent de réunir un nouveau jury et par la même de valider les années des étudiants ayant obtenu 10 de moyenne générale. Après un retour au SAJS, les enseignants se plièrent à sa décision et par la même à notre demande, délivrant les diplômes aux étudiants, qui se virent admis dès la première session.

Cependant, nous ne pouvons que dénoncer l’immobilisme et la mauvaise volonté déployés par les enseignants de LEA, qui ont ralentit notre action, ne permettant qu’un dénouement bien trop tardif. En effet, notre demande fut adressée avant le début de la session de rattrapage, ce qui aurait dû épargner aux étudiants concernés, le passage de nouveaux examens, ainsi que les désagréments qui y sont généralement liés (stress, fin prématurée d’un job d’été…), or la « capitulation » de ces professeurs réfractaires ne se vit que début octobre, bien après la session de septembre…

Et si les étudiants ont validé leur année dès la première session (évitant par la même la qualification d’« année l’obtenue au rattrapage »), il ne nous en reste pas moins un goût amer… comme une demi victoire dans une nouvelle opposition étudiants-enseignants en lieu et place de l’union qui devrait exister entre ces deux catégories appartenant au système universitaire…

Guillaume Legal VPE de l’Université de Rouen